L’ÉCOLE DES MÉDIAS et l’UNESCO : Toute une série d’activités pour commémorer la journée mondiale de la radio, cette année

L’UNESCO Haïti, L’ÉCOLE DES MÉDIAS et leurs différents partenaires ont commémoré en grand pompe la journée mondiale de la radio, cette année autour du thème « Oui à la radio, Oui à la confiance ». Au terme d’une série d’activités commémoratives qui mettent en avant l’histoire de la radio en Haïti et place des femmes dans la presse haïtienne, particulièrement la radio ; la célébration de la journée mondiale de la radio de cette s’est déroulée dans une ambiance de partage d’expériences, d’échanges intellectuels, avec des journalistes seniors, de jeunes femmes, et des étudiant•e•s passionné•e•s et curieux•se•s.

Les vendredi 11 février et dimanche 13 février 2022, à local de CEPROFOJUL à Delmas 43 ; l’UNESCO Haïti, L’ÉCOLE DES MÉDIAS ont présenté deux grandes séries d’activités qui marquent la journée mondiale de la radio. Dans un format hybride, les différents réseaux sociaux de L’UNESCO Haïti et de L’ÉCOLE DES MÉDIAS ont été animés par des partages, une présentation d’un travail de recherche autour du centenaire de la radio en Haïti par le chercheur Jacklin JEAN PAUL et notamment une table ronde avec des figures féminines de la presse haïtienne autour de l’intégration des femmes dans les médias, particulièrement la radio.

Jacklin Jean Paul : 100 ans de la radiodiffusion en Haïti

En effet la première journée de cette série d’activités commémoratives au format hybride a été marquée par la présentation remarquable des travaux de recherche de Jacklin JEAN PAUL autour du centenaire de la radiodiffusion en Haïti.

Le vendredi 11 février dans un webinaire organisé par l’UNESCO Haïti diffusé en streaming sur les pages web des différents partenaires dont : Chokarella, Netalkole média pour ne citer que ceux-là, le chercheur Haïtien, Jacklin JEAN PAUL, a commencé son exposé par la toute première radio à émettre sur le sol Haïtien. Il s’agit de HHK créé par les Américains pendant l’occupation de 1915-1934, soit le 22 octobre 1926 dans un contexte de développement agricole.

Lien du webinaire sur les 100 ans de la radio en Haïti : https://fb.watch/bcLroEa6zO/

Selon le chercheur, si la première radio haïtienne devait réaliser des émissions autour des activités agricoles, il fallait pallier au problème de récepteurs, ainsi les autorités ont commencé à acquérir des récepteurs avant que les stations de radio et les récepteurs ont afflué dans le pays. L’histoire de la radio en Haïti est riche et passionnante, truffée de périodes et d’événements remarquables. Au fil des années, l’histoire de la radio en Haïti est surtout marquée par le combat acharné et continu des femmes pour le respect et l’égalité des genres. Et c’était justement l’objet de cette table tenue le dimanche 13 Février.

Autour de l’intégration des femmes dans les médias.

Le dimanche 13 février dans les locaux de L’ÉCOLE DES MÉDIAS, une table ronde avec des figures féminines de la presse en l’occurrence : Lovely Stanley NUMA, fondatrice du média en ligne Impulse Web Media ; Daphnine JOSEPH, journaliste et présentatrice de l’émission : Espas Fanm à Alter Radio puis de Woodline SAINT DIQUE, Journaliste-Reporter et présentatrice à Radio Sans Fin (RSF). Ce trio de femmes journalistes ont partagé avec enjouement leurs expériences dans la presse, des expériences marquées par de disparités entre les hommes et les femmes au sein de la presse particulièrement dans la radio.

Rappelant que l’histoire des femmes dans la radio en Haïti n’est pas proprement écrite, Daphnine JOSEPH se réfère aux derniers travaux de recherche de L’Institut Panos, qui est une organisation non gouvernementale spécialisée dans l’appui au pluralisme médiatique, qui selon elle a commencé à observer des voix féminines dans la radio en Haïti dans les années 1960 avant que le nombre ne soit en augmentation au fil des années après de nombreuses luttes féministes.

« Il n y a jamais eu d’intégration massive des femmes dans l’espace médiatique » : a déclaré la présentatrice de l’émission Espas Fanm. Si ces dernières ont pu s’intégrer avec le temps, les femmes n’ont jamais réussi à être acceptées comme de travailleuses à part entière, égales aux hommes, déplorent les intervenantes. Elles soulignent que les femmes font constamment face à des harcèlements de toutes sortes, dans les couloirs des médias.

La journaliste Lovely Stanley NUMA, de son côté, a partagé quelques expériences personnelles, et a affirmé fermement sa position contre ses dérives criantes dans la presse haïtienne, pourtant passées sous silence. Quant à Woodline SAINT DIQUE, elle a surtout attiré l’attention de l’assistance sur la problématique des poste à responsabilité sous-occupé par les femmes, et la disparité salariale entre homme et femme des dans les médias.

Entre les problématiques de quota des femmes dans les médias, des discriminations et harcèlements, de la disparité et de l’inégalité homme-femme ; les conférencières de cette table ont posé la question centrale de la place femmes dans la presse en Haïti.

S’il est vrai que les actes d’harcèlement et/ou de discrimination dont font l’objet les femmes-journalistes dans les médias du pays sont peu documentés ; il est indéniable que c’est un fait préoccupant. Donc il faut que des voix se lèvent pour dénoncer ces pratiques déloyales, indignes de la presse qui se veut être un espace de liberté et d’égalité pour tous et toutes.

Un Twitter space avec quelques voix emblématiques de la radio haïtienne, pour boucler la boucle de cette journée marathon.

Dans la nuit de 13 février, la séance de partage autour des aventures radiophoniques a connu son apogée avec plusieurs voix emblématiques dont Jacques Sampeur directeur de l’ Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH) ; Hérold Jean FRANÇOIS responsable de la station de radio Ibo, Roland DUPOUX technique de radio-télé Métropole, Berny SILLIAS de Magik 9, et notamment l’ancien directeur de L’ÉCOLE DES MÉDIAS, Rodly SAINTINÉ, pour ne citer que ceux-là.

Lien pour écouter ou réécouter le Twitter Space : https://twitter.com/i/spaces/1OdKrBYNorPKX

Par ailleurs, en plus du partage de leur longue et brillante carrière au micro de la radio, ils ont notamment abordé des problématiques liés aux pratiques du métier de journaliste, qui selon l’ancien directeur de l’ÉCOLE DES MÉDIAS posent problème au niveau de la vérification des informations.

« Trop souvent les journalistes se résument à recueillir l’avis personnel d’un individu sur un sujet,pensant qu’ils font de l’information. » a-t-il affirmé pour ensuite rappeler que les informations que diffusent les médias doivent-être vérifiées et variables.

Rappelons-le, la journée mondiale de la radio est célébrée chaque 13 février, une date qui a été entérinée par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) le 3 novembre 2011 lors de sa 36è conférence, à la suite de la proposition initialement faite par l’Espagne. Rappelons aussi que c’est pour la deuxième année consécutive que L’ÉCOLE DES MÉDIAS, et l’UNESCO Haïti célèbrent conjointement la journée mondiale de la radio en Haïti.

RÉDACTION : Guerby JEAN

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