Née à Villemomble, en Seine-Saint-Denis, de parents originaires de la Guadeloupe et de la Martinique, Dominique Zorobabel porte une identité caribéenne affirmée. Révélée sur des scènes internationales, elle construit un parcours singulier. De ses débuts dans la musique à son engagement dans le gospel, la chanteuse trace une trajectoire marquée par des choix déterminants. Dans une entrevue accordée à Chokarella, elle revient sur son parcours, notamment sur la décision de quitter une carrière installée pour répondre à une conviction intérieure. À l’approche de son concert au Grand Carbet en Martinique, prévu le 27 mars 2026, elle évoque ses influences, sa vision artistique et la portée spirituelle de son œuvre.
Dès l’adolescence, les bases de son parcours se mettent en place. Élevée en Guadeloupe, Dominique Zorobabel fait ses premiers pas dans la musique et la danse sous la direction de Daniel Florestal : « A cette époque, j’avais 13 ans et ma première scène a lieu au Centre des Arts et de la culture de Pointe-à-Pitre », confie-t-elle.
Par la suite, elle est sollicitée pour des sessions de chœurs en studio, notamment chez Henry Debs, où elle affine sa technique et développe une sensibilité musicale. Elle y côtoie plusieurs artistes de la scène antillaise, dont Tanya Saint-Val, avec qui elle entretient une relation artistique de longue date.
En 1986, Dominique Zorobabel rejoint le groupe Zouk Machine. Aux côtés de Christiane Obydol et Joëlle Ursull, puis de Jane Fostin, elle s’intègre dans une aventure musicale qui s’étend sur plus de vingt ans. Le groupe, accompagné par Expérience 7, enchaîne les tournées à travers le monde : « Le groupe Expérience 7, nous accompagner sur les nombreuses tournées mondiales que nous avons réalisées », précise-t-elle. Cette période est marquée par une exposition internationale et une diversité culturelle qu’elle considère comme enrichissante.
Cependant, au sommet de cette dynamique, un changement intervient. Malgré une carrière établie, l’artiste ressent un appel qui la pousse à redéfinir ses priorités : « je ressens cet appel tellement fort Que je me décide à informer notre Manager de mon désir d’arrêter l’aventure Zouk Machine », explique-t-elle.
Cette décision, prise alors que de nombreux concerts étaient déjà programmés, constitue un tournant majeur. Elle marque une rupture avec une trajectoire professionnelle installée, tout en ouvrant un nouveau champ d’expression en lien avec ses convictions.
C’est dans ce contexte que le gospel prend une place centrale dans sa vie. L’artiste situe ce moment lors d’un concert du concept Gospel Voix des Femmes à Paris : « la musique d’Opel est vraiment dans ma vie lors d’un concert place de la Bastille », raconte-t-elle.
Sa rencontre avec Peggy Nanette lui permet ensuite d’intégrer ce projet en Guadeloupe. Progressivement, le gospel devient le socle de son expression artistique, en cohérence avec une vocation qu’elle identifie tôt : « Depuis lè 24, j’avais déjà compris que le chant ferait partie de ma mission. J’ai aussi saisi qu’il y avait un appel en tant que chantre », dit-elle.
Un univers entre identité caribéenne et spiritualité
Aujourd’hui, Dominique Zorobabel conjugue héritage caribéen et engagement spirituel. Elle décrit son univers comme « profondément ancré dans la culture caribéenne où se rencontrent louange, adoration émotion et créole ». À travers ses chansons, elle privilégie des messages porteurs de sens : « ce que je cherche à transmettre, c’est avant tout un message de persévérance d’espérance, d’amour, de paix et de fois en Jésus-Christ », affirme-t-elle. Une ligne artistique qui s’inscrit dans la continuité de ses influences, parmi lesquelles elle cite Cécé Winans, Déborah Lukalu ou encore Dena Mwana.
Sa carrière est également marquée par des moments significatifs, notamment sa participation au FESPACO au Burkina Faso : « Premier voyage en Afrique, premier grand concert, et puis ce fut la rencontre avec le président Thomas Sankara », se souvient-elle. Elle évoque également le Zénith de Paris et ses nombreux déplacements à travers le monde comme des expériences déterminantes, nourries par la découverte de différentes cultures.
Le Grand Carbet, une scène entre musique et dimension spirituelle
À présent, l’artiste se prépare à monter sur la scène du Grand Carbet en Martinique, une étape qu’elle considère comme significative : « Cela représente un rêve parmi tant d’autres, mais surtout heureuse de retrouver mon public autour du live », dit-elle. Ce concert marque une première, puisqu’il s’agit de sa première prestation dans ce lieu en tant que tête d’affiche gospel. Il s’inscrit également dans une dynamique plus large, amorçant une tournée envisagée dans le cadre de ses quarante ans de carrière.
Au cours de l’entrevue, Dominique Zorobabel insiste sur la portée spirituelle de cette rencontre. « Cette soirée est un rendez-vous divin », souligne-t-elle, évoquant une volonté de rassembler artistes, danseurs et public dans une même démarche. Elle annonce également une proposition scénique renouvelée : « Je prépare quelque chose de différent scéniquement avec d’énormes surprises », précise-t-elle. Entourée de ses musiciens et de plusieurs invités, dont José Versol et Betty Marolany, l’artiste entend proposer un moment fédérateur.
Le rendez-vous est fixé au vendredi 27 mars 2026 à 20h00, au Grand Carbet – Parc Culturel Aimé Césaire. Le public est invité à prendre part à ce moment que l’artiste souhaite « unique et exceptionnel dans la présence de notre Seigneur ». Dans cette perspective, Dominique Zorobabel lance un appel : « Nous allons vivre et partager un moment unique nous serons ce soir-là UN dans un lien d’amour avec Lui ». Une invitation à la communion, au-delà de la scène.

Par Ann-Olguetty Loodjenny Dieuve © Chokarella



