Durant le mois de mars, la rédaction de Chokarella met en lumière des femmes professionnelles dont le travail, souvent discret, contribue au bon fonctionnement des institutions. En ce sens, l’assistante administrative de Banj Media, Gialissa Pierre, incarne cette génération de jeunes femmes engagées pour qui rigueur, sens de l’organisation et esprit d’entraide constituent les piliers d’un travail efficace dans les rouages administratifs.
Née le 4 décembre 2000, Gialissa Pierre s’est formée en assistance administrative au Centre Professionnel de Jeunes Filles (CPJF), où elle a obtenu son diplôme entre 2021 et 2023. Très tôt attirée par le monde des affaires et l’univers professionnel, elle choisit ce domaine qu’elle considère comme une porte d’entrée vers une meilleure compréhension du fonctionnement des organisations.
« Beaucoup de personnes considèrent l’assistance administrative comme un métier simple, mais en réalité, il joue un rôle central dans l’entreprise », explique-t-elle. En effet, ce poste exige une grande polyvalence : gestion des tâches administratives, coordination entre différents départements, suivi des dossiers et respect des délais. Autant de responsabilités qui demandent organisation, rigueur et sens de l’anticipation.
Son parcours professionnel débute au sein même de son ancienne école, le Centre Professionnel de Jeunes Filles. Elle y occupe simultanément les fonctions de secrétaire à temps plein et d’enseignante. Une expérience fondatrice qui lui permet non seulement d’acquérir de solides compétences professionnelles, mais aussi de sortir de sa zone de confort. « Je me souviens encore de mon premier jour de travail. Je n’étais même pas au courant du poste exact pour lequel j’avais été engagée, ce qui a rendu la situation encore plus stressante. Lorsque je suis arrivée à l’école, ma première tâche a été de me rendre dans une salle de classe pour dispenser un cours », confie-t-elle.

Elle raconte qu’il s’agissait de sa toute première expérience devant une salle remplie de jeunes filles et de femmes, dont certaines étaient plus âgées qu’elle. Toutefois, précise-t-elle, ce n’était pas leur âge qui la préoccupait le plus. « Ce qui me préoccupait le plus, c’était de devoir donner un cours sans aucune préparation préalable, sans rien savoir sur la classe ni sur le contenu à aborder. J’ai été prise au dépourvu. Me connaissant à l’époque, je voulais fuir », se souvient-elle.
Une fois dans la salle, poursuit-elle, le stress était très intense. Pour gagner un peu de temps et reprendre ses esprits, elle avait demandé à chaque étudiante de se présenter. Mais malgré cela, elle confie qu’elle était tellement nerveuse qu’elle n’arrivait même pas à retenir leurs noms. « Il était tellement intense que je ne pouvais pas m’empêcher de ranger constamment mes habits pour me calmer », ajoute-t-elle.

Elle souligne qu’en fin de compte, l’heure s’était écoulée et qu’elle s’était précipitée pour quitter la salle, laissant derrière elle cette peur et cette timidité. « Cette expérience m’a aidée à dépasser ma timidité et à développer mon leadership », confie-t-elle.
Au contact de ses étudiantes, elle découvre également l’impact que peut avoir un modèle sur les jeunes générations. Voir certaines d’entre elles gagner en confiance et repousser leurs limites demeure l’un des souvenirs les plus marquants de cette période.
Elle confie que l’accomplissement professionnel dont elle est la plus fière est d’avoir été témoin de l’évolution de ses étudiantes lorsqu’elle travaillait comme enseignante. « À cette époque, je savais qu’elles me prenaient comme modèle, ce qui m’a poussée à dépasser ma timidité et mon manque de confiance. Voir certaines d’entre elles repousser leurs limites, sortir de leur zone de confort et venir me remercier pour cela était très marquant pour moi », indique-t-elle.
Elle précise toutefois qu’elle n’est pas passionnée par l’enseignement, mais reconnaît que cette expérience l’a profondément transformée. « Mais j’aime ce que ce métier a fait grandir en moi, et les résultats que cela produit chez mes étudiantes », poursuit-elle.
Au fil de son parcours, certaines rencontres ont également joué un rôle déterminant. Parmi elles, une ancienne collègue avec qui elle partageait le même nom de famille. Toutes deux surnommées « Miss Pierre » dans leur environnement professionnel, elles ont développé une relation de solidarité.
« Lorsque je travaillais au CPJF, j’ai rencontré une collègue qui m’a dit un jour que je lui avais appris beaucoup de choses. Mais honnêtement, je pense que c’est moi qui ai eu la chance de la rencontrer. On peut dire que nous sommes devenues des sœurs professionnelles, liées par l’expérience et l’apprentissage mutuel », admet-elle.
Depuis février 2025, Gialissa Pierre exerce comme assistante administrative à Banj Media. Son quotidien est rythmé par de nombreuses responsabilités : organisation des activités, gestion de tâches administratives et coordination avec différents acteurs de l’entreprise. « Certaines journées sont plus calmes, d’autres très intenses », explique-t-elle. Mais dans tous les cas, il faut rester rigoureuse et attentive.

Parmi les défis de la fonction, elle évoque la nécessité de faire preuve de tolérance et d’intelligence émotionnelle. L’assistante administrative se retrouve souvent au cœur des interactions professionnelles, ce qui demande une grande capacité d’adaptation et un sens aigu des relations humaines. « Il faut aussi apprendre à évoluer avec le fait que, parfois, certaines responsabilités ou erreurs peuvent retomber sur vous, même lorsque vous avez fait correctement ce que vous aviez à faire », remarque-t-elle.
La jeune assistante administrative explique que la qualité personnelle qui l’aide le plus dans son travail est son esprit d’entraide. « J’aime pouvoir apporter mon soutien lorsque c’est nécessaire et contribuer à faciliter le travail des autres », juge-t-elle.
Pour Gialissa, l’administration constitue tout simplement « le moteur de l’institution ». Sans cette organisation en coulisses, les activités d’une entreprise auraient du mal à fonctionner efficacement. Ce qui la motive le plus dans son travail est la responsabilité qui accompagne ses missions. « Savoir que certaines choses dépendent de moi et que j’ai des suivis à assurer. Cela me pousse à rester attentive, disponible et proactive pour que tout se déroule comme prévu », affirme-t-elle.
Elle considère que le travail administratif est fondamental pour le bon fonctionnement d’une institution. À ses yeux, il assure non seulement l’organisation et le bon déroulement des activités, mais renforce aussi la cohésion au sein de l’entreprise. « C’est un travail qui permet de relier les différents services et de faciliter la collaboration entre les équipes », avance-t-elle.
Elle a indiqué que ses collègues la décriraient comme quelqu’un qui respecte les normes, accueillante et bonne collaboratrice. Gialissa a ajouté qu’elle pouvait travailler aussi bien en équipe qu’en autonomie, selon les situations. « Certaines responsabilités nécessitent une collaboration étroite avec les autres, tandis que d’autres demandent plus d’initiative personnelle pour avancer efficacement », affirme-t-elle.

Au-delà de son métier, Gialissa Pierre nourrit plusieurs centres d’intérêt. Passionnée de musique, elle aime chanter et apprécie également les moments de calme qui lui permettent de se recentrer. « J’aime particulièrement la communication, les chiffres et le protocole. Je m’intéresse aussi à tout ce qui demande précision et respect des normes », estime-t-elle.
À ses yeux, la Journée internationale des droits des femmes est avant tout un moment de réflexion et de reconnaissance. « C’est une occasion de célébrer les réalisations concrètes des femmes qui font bouger les choses et inspirent autour d’elles », souligne-t-elle.
Si elle estime que les femmes occupent aujourd’hui une place plus importante dans le monde du travail qu’autrefois, elle reste convaincue que le chemin n’est pas encore totalement achevé. Selon elle, les femmes doivent continuer à mettre en avant leurs compétences et à s’affirmer dans les espaces professionnels.
Aux jeunes femmes qui souhaitent embrasser une carrière dans l’administration, son message est simple. « Je leur dirais de faire ce qui les passionne et qui leur permettra de se créer une place. Si l’administration est leur passion, qu’elles prennent le temps de se former, de comprendre le métier et de l’exercer avec sérieux », conseille-t-elle. Car derrière les tâches parfois invisibles du quotidien administratif se cache un rôle fondamental dans la réussite d’une organisation.

Fidèle à sa philosophie de vie, Gialissa Pierre résume son approche en quelques mots : « Être utile, apprendre et laisser un impact positif autour de moi », conclut-elle.
Par Youbens Cupidon © Chokarella



