Après avoir été contrainte de redessiner l’image de Toussaint Louverture sur les combinaisons de ski des athlètes haïtiens pour les Jeux olympiques d’hiver 2026, la créatrice Stella Jean a finalement dévoilé la version complète de ses visuels. Cette publication rétablit le récit intégral et recentre le message sur l’identité, la mémoire et la représentation culturelle haïtienne.
« Les uniformes ne sont pas qu’un simple exercice de style, mais aussi un exercice de responsabilité », a déclaré Jean. « Nous devions concentrer des messages positifs sur Haïti, notre art, notre culture et notre histoire, sur quelques mètres [de tissu]. »
Les uniformes, initialement inspirés d’un tableau de 2006 représentant Toussaint Louverture à cheval, œuvre de Édouard Duval-Carrié, ont dû être modifiés. Louverture, figure centrale de la première république noire fondée en 1804, incarnait la mémoire et la fierté haïtienne que Stella Jean souhaitait mettre en avant.
La réaction à la contrainte du CIO fut immédiate et massive. Les images de l’uniforme se sont rapidement répandues en ligne, suscitant des messages de fierté au sein de la diaspora haïtienne.
Plutôt que d’abandonner le projet, Jean et son équipe ont renvoyé les uniformes à l’atelier et les ont rapidement repeints pour s’inspirer du tableau – sans Louverture. Le CIO a approuvé le nouveau modèle juste à temps, représentant un cheval sans cavalier et un ciel d’un bleu éclatant. « Pendant 24 heures, j’étais désespérée – nous n’avions ni budget, ni temps, et c’était notre seule chance de montrer Haïti sous un jour positif », raconte-t-elle. « Son absence était plus éloquente que sa présence. »
Jean refuse de se laisser abattre par la décision du CIO de bloquer son projet initial. « Le CIO n’a pas abaissé le niveau d’exigence, il l’a relevé et a tout changé », affirme-t-elle. « Sans les règles, nous n’aurions pas pu faire preuve d’autant de créativité ni de persévérance. »
Avec la publication de la version complète de ses visuels, Stella Jean affirme désormais pleinement son message : allier patrimoine historique, expression contemporaine et visibilité culturelle. Les créations deviennent ainsi un moyen de relier mémoire collective et identité nationale, au-delà du simple vêtement.



