La chanteuse, auteure-compositrice et interprète canadienne d’origine haïtienne Dominique Fils-Aimé partagera l’affiche avec Cécile McLorin Salvant, chanteuse de jazz américaine d’origine haïtienne, lors de la 46e édition du Festival international de Jazz de Montréal. L’événement se tiendra du 25 juin au 4 juillet 2026.
Fondé en 1980 par Alain Simard, en collaboration avec André Ménard, Denyse McCann et Alain de Grosbois, le festival s’est progressivement imposé comme un rendez-vous majeur du jazz mondial. Organisation à but non lucratif, il vise à rendre accessibles au grand public les voix et figures importantes du jazz, tout en ouvrant la scène à des croisements de genres.
En 2004, les Guinness World Records ont reconnu le festival comme le plus grand festival de jazz au monde, après plus de 40 ans de programmation continue. Pendant dix jours, près de 150 concerts en salle et plus de 350 spectacles gratuits en plein air sont proposés, notamment sur la place des Festivals, spécialement aménagée pour l’occasion. C’est dans ce cadre que Dominique Fils-Aimé et Cécile McLorin Salvant sont annoncées pour l’édition 2026, chacune portant une approche distincte du jazz vocal contemporain.
Dominique Fils-Aimé : une voix enracinée dans l’histoire et l’intime
Née à Montréal, Dominique Fils-Aimé s’est progressivement imposée sur la scène du jazz vocal canadien. Sa reconnaissance a débuté au milieu des années 2010, notamment après sa participation à l’émission La Voix en 2015, où elle a atteint la demi-finale.
En 2018, elle publie “Nameless, premier volet d’une trilogie consacrée à l’histoire de la musique afro-américaine. L’album s’inscrit dans une esthétique blu”es. L’année suivante, “Stay Tuned” confirme cette orientation tout en élargissant le spectre sonore. Le projet reçoit le Juno Award du meilleur album jazz vocal en 2020 ainsi que le prix Félix du meilleur album jazz.
Avec “Three Little Words (2021)”, troisième chapitre de cette trilogie, Dominique Fils-Aimé explore les racines musicales noires, travail qui lui vaut une nomination au prix Polaris. Cette continuité se poursuit avec “Our Roots Run Deep” (2023), récompensé par le Juno 2024 de l’album jazz vocal de l’année et un prix Félix à l’ADISQ.
Sur scène, l’artiste propose un univers conçu comme une invitation à explorer ses racines musicales. Elle s’est produite ces dernières années sur des scènes telles que le Blue Note à New York et Los Angeles, le Monterey Jazz Festival, Jazz à Vienne ou encore le North Sea Jazz Festival. En 2026, elle présentera son nouvel album lors d’une tournée mondiale, avec des concerts en Europe à La Maroquinerie (Paris) et au Botanique (Bruxelles), au Canada au Festival International de Jazz de Montréal et aux États-Unis.
Cécile McLorin Salvant : l’art du récit et de la transformation

Née à Miami d’un père haïtien et d’une mère d’origine française et guadeloupéenne, Cécile McLorin Salvant débute l’apprentissage du piano classique à cinq ans. Sa discographie a été saluée par la critique internationale. Elle a reçu plusieurs Grammy Awards du meilleur album jazz vocal, notamment pour For One to Love (2015), “Dreams and Daggers” (2017) et “The Window” (2018). À ces distinctions s’ajoutent la bourse MacArthur “Genius” en 2020 et le Doris Duke Artist Award.
Elle est connue pour sa capacité à explorer différents répertoires, avec des influences allant de Sarah Vaughan à Billie Holiday et Betty Carter. Son projet le plus récent, “Oh Snap” (2025), illustre son intérêt pour l’expérimentation et l’éclectisme. Elle explore également des répertoires multilingues, incluant le français et le créole haïtien, élargissant ainsi le champ de son expression artistique.
Par Ann-Olguetty Loodjenny Dieuve © Chokarella



