Le rappeur portoricain Benito Antonio Martínez Ocasio, connu sous le nom de Bad Bunny, s’est produit lors du spectacle de la mi-temps du Super Bowl XL, ce dimanche 8 février, au Levi’s Stadium de Santa Clara, en Californie. Sa prestation, conçue comme une fresque culturelle et identitaire, a mis en scène plusieurs réalités du continent américain, avec une attention particulière portée aux territoires marqués par l’histoire, les catastrophes naturelles et les migrations, dont Haïti.
Dès l’ouverture, la scénographie a évoqué un village portoricain à travers des décors et des scènes de la vie quotidienne : joueurs de dominos, vendeurs ambulants de glaces et références visuelles à l’ouragan Maria, qui a frappé Porto Rico en 2017. Cette approche visuelle a servi de point de départ à une narration plus large, englobant les trajectoires communes des peuples caribéens et latino-américains. Bad Bunny a interprété plusieurs titres de son répertoire, mêlant musiques urbaines, reggaeton et influences traditionnelles.
Une parade de drapeaux où Haïti est visiblement représentée
L’un des moments les plus commentés de la performance est survenu lorsque l’interprète de MÍA, accompagné de danseurs, a fait défiler sur le terrain une série de drapeaux représentant les pays du continent américain. Les drapeaux de l’Amérique du Nord, de l’Amérique centrale, de l’Amérique du Sud et des Caraïbes étaient visibles, parmi lesquels celui d’Haïti, identifié par plusieurs observateurs et largement relayé sur les réseaux sociaux.
Cette présence du drapeau haïtien a été perçue par une partie du public comme un geste symbolique en direction d’un pays souvent absent de ce type de mise en avant sur des scènes mondiales, mais dont la diaspora est fortement implantée aux États-Unis et dans l’ensemble du continent américain.

À la fin de sa prestation, Bad Bunny a brandi un ballon de football portant l’inscription : « Together, we are America » (Ensemble, nous sommes l’Amérique). Il a ensuite délivré un message de paix et d’unité. « God bless America », a-t-il lancé, avant de citer à voix haute, en espagnol, les noms de plusieurs pays du continent, incluant ceux d’Amérique latine et des Caraïbes, une séquence durant laquelle Haïti a été associée à cet ensemble continental.
Un autre message est apparu sur écran géant après la performance : « La seule chose plus puissante que la haine, c’est l’amour », prolongeant cette mise en scène axée sur la coexistence et la solidarité entre les peuples.
Invités internationaux et symboles partagés par les Caraïbes
Le spectacle a été ponctué par la participation de plusieurs personnalités internationales. Lady Gaga a interprété une version salsa de Die With a Smile. Ricky Martin, Cardi B, Pedro Pascal et Karol G sont également apparus au fil de la performance, dans une succession de tableaux visuels mettant en avant la diversité culturelle du continent.
La mise en scène a également intégré des images fortes, notamment Bad Bunny se tenant sur des structures rappelant des poteaux électriques. Un symbole interprété par plusieurs analystes comme une référence aux coupures d’électricité récurrentes à Porto Rico après des catastrophes naturelles, une réalité également connue en Haïti, souvent confrontée à des crises énergétiques et infrastructurelles.
Pour une partie du public, ces éléments visuels ont résonné avec les expériences partagées par plusieurs pays caribéens, dont Haïti, régulièrement touchés par des crises environnementales, économiques et sociales.
Réactions contrastées aux États-Unis
La performance a suscité des réactions divergentes. Le président américain Donald Trump a vivement critiqué le spectacle. « Le spectacle de la mi-temps du Super Bowl est absolument lamentable, l’un des pires de tous les temps ! C’est absurde, un affront à la grandeur de l’Amérique », a-t-il déclaré, reprochant notamment au show, majoritairement chanté en espagnol, de ne pas être accessible au public anglophone.
Dans les médias et sur les réseaux sociaux, les débats ont porté sur la portée politique et symbolique de la prestation. Certains commentateurs y ont vu une affirmation des identités latino-américaines et caribéennes, incluant Haïti, tandis que d’autres ont estimé que cette orientation culturelle pouvait être perçue comme clivante.
Qu’elle ait été saluée ou contestée, cette mi-temps du Super Bowl 2026 restera un moment marquant sur le plan culturel. Diffusée devant plus de 100 millions de téléspectateurs à travers le monde, la performance de Bad Bunny a placé les Caraïbes, et notamment Haïti, au centre d’une scène mondiale rarement ouverte à ce type de représentation.
Par Youbens Cupidon © Chokarella



