Nexus Shipping a remporté la première place lors de la présentation des projets des étudiants en marketing digital du Centre Communautaire des Métiers Digitaux, promotion « Lux Nova ». L’activité s’est tenue le vendredi 17 janvier 2025, après deux mois de formation intensive consacrés aux fondamentaux du marketing digital.
À l’issue des présentations, les résultats se sont répartis comme suit : Nexus Shipping s’est classé en première position, suivi de Fashion Revibe à la deuxième place, Synergie en troisième position et PG Brand en quatrième place. Membre de l’équipe gagnante, Bazile Cideline n’a pas caché sa satisfaction : « Mw santi m fyè de gwoup mwen. » Elle a ajouté : « Marketing se yon atou pou tout moun, map ankouraje jèn yo aprann pou pi byen konprann rezo sosyal yo. » Des propos qui traduisent l’esprit général de la formation, axée sur la transmission d’outils pratiques et l’ouverture vers de nouvelles perspectives professionnelles.
Après deux mois d’apprentissage, les participants ont présenté leurs projets, en groupe et à titre individuel. Cet exercice marquait l’aboutissement d’un parcours conçu pour transformer des usages spontanés des réseaux sociaux en compétences professionnelles structurées. La formation s’est déroulée sur une période de deux mois et visait une immersion progressive dans les bases du marketing digital.

Selon le formateur Amédée Erns Baptiste, la présentation des projets constituait « l’étape finale pour clôturer cette formation intensive ». Vingt étudiants, répartis en quatre groupes, ont défendu leurs idées et leurs stratégies devant un jury, dans un exercice mobilisant analyse, structuration et capacité de synthèse.
L’objectif principal du programme était de faire passer les étudiants d’une pratique intuitive des réseaux sociaux à une maîtrise stratégique du marketing digital. Il s’agissait d’apprendre à considérer les plateformes non plus comme de simples espaces de divertissement, mais comme de véritables outils économiques. Dans son approche pédagogique, Amédée Erns Baptiste insiste sur la nécessité de fournir une ossature méthodologique aux projets. La formation visait la professionnalisation à travers l’apprentissage d’outils de structuration tels que l’analyse SWOT et la définition d’objectifs SMART, présentés comme indispensables pour transformer une idée en projet viable.
À cette base s’est ajoutée une initiation à la culture du résultat, avec l’introduction de notions clés comme le retour sur investissement (ROI) et le coût d’acquisition (CPA). « l’enjeux était de faire comprendre la publicité comme un investissement mesurable et ajustable », explique-t-il. La dimension technologique occupait également une place centrale. Les étudiants ont été formés à l’intégration de l’intelligence artificielle, notamment à travers le prompt engineering, ainsi qu’à l’utilisation d’outils de création comme Canva et CapCut, afin d’augmenter leur productivité et la qualité de leurs contenus.

Le formateur indique qu’à l’issue du programme, les participants ont développé de nombreuses compétences directement applicables au marché. Parmi celles-ci figurent la segmentation et le ciblage, ainsi que la capacité de définir un persona précis, présenté comme une étape clé de toute stratégie efficace. Ils ont également travaillé le copywriting et la création de contenu, en apprenant à rédiger des accroches capables de capter l’attention et à concevoir des visuels pensés pour interrompre le défilement continu des réseaux sociaux.
La gestion des tunnels de vente faisait aussi partie du programme, notamment le passage stratégique de Facebook ou Instagram vers WhatsApp Business, utilisé comme outil de clôture des ventes. L’accent a été mis sur l’analyse de données, avec la lecture et l’interprétation des indicateurs clés de performance — reach, engagement et taux de conversion — afin d’ajuster les campagnes en temps réel.

La conception et la présentation des projets n’ont toutefois pas été exemptes de difficultés. Le formateur évoque le passage de la passion à la gestion, plusieurs étudiants ayant dû apprendre à mettre de côté leur intuition pour calculer des marges réelles et fixer des prix en intégrant les coûts publicitaires. Parmi les autres obstacles, il cite « la barrière technique de l’intelligence artificielle ». Apprivoiser ces outils pour produire des résultats originaux et non génériques a exigé une montée en compétences, notamment dans la maîtrise du prompting. La synthèse stratégique a également constitué un défi, puisqu’il s’agissait de condenser un business model complet dans un pitch.

Au-delà de l’exercice académique, cette formation s’inscrit dans un contexte économique précis. En Haïti, rappelle Amédée Erns Baptiste, l’économie repose largement sur la microentreprise et le secteur informel. Le marketing digital apparaît alors comme une alternative accessible, permettant de démarrer avec des budgets limités. La formation a également mis l’accent sur la prédominance de WhatsApp, présenté comme le principal canal de vente et de gestion client dans le pays. Dans un environnement marqué par l’instabilité, l’autonomie du marketing digital est perçue comme un levier de résilience, permettant aux entrepreneurs de poursuivre leurs activités même sans vitrine physique.

Par Ann-Olguetty Loodjenny Dieuve © Chokarella



