Naïsha Azor fait ses premiers pas dans la musique avec le single afro Konpa « Demande-moi pourquoi »

La chanteuse Naïsha Azor fait ses premiers pas dans la musique avec la sortie, ce samedi 29 novembre 2025, de “Demande-moi pourquoi“, un premier single afro Konpa accompagné d’un vidéoclip. Réalisé en collaboration avec TOPLINE et Yungsley, ce morceau se construit autour d’un constat qu’elle observe dans son entourage à Montréal, celui d’un “dating scene catastrophique”.

Pour son entrée officielle dans l’industrie musicale, Naïsha Azor conçoit ce titre comme une prise de parole. “Demande-moi pourquoi” naît de conversations récurrentes autour des relations amoureuses et d’expériences féminines qu’elle écoute au quotidien dans la ville où elle réside. Elle explique avoir choisi ce titre afin de susciter une forme d’interpellation : “je voulais qu’on me demande de raconter mon histoire”. Selon elle, les premières réactions du public vont dans ce sens : “en entendant le premier extrait de ma chanson, beaucoup m’ont demandé ‘pourquoi’ ?”

Le single s’inspire d’une succession d’observations sur une scène amoureuse marquée par les déceptions. De cette répétition de récits, Naïsha construit une chanson qui évoque la lassitude et les attentes déjouées, tout en rappelant que ces épreuves ne déterminent pas l’avenir d’une personne. “Une mauvaise histoire d’amour ne définit pas qui tu es ni où tu finis ta vie”, dit-elle, soulignant l’importance de traverser ces expériences pour mieux se relever. Elle affirme croire en l’idée d’une trajectoire personnelle déjà tracée, qu’il s’agit de poursuivre malgré les difficultés.

La création du morceau se déroule dans un échange continu avec GDK, producteur principal et fondateur de Topline Music, auprès duquel elle évoque les artistes qui influencent ses écoutes : Joé Dwèt Filé, Aya Nakamura ou Ronisia. Le titre prend forme progressivement, avant que l’artiste ne ressente la nécessité d’ajouter un solo konpa, élément structurant qu’elle confie à Yungsley. Le mélange des influences afro et konpa découle naturellement du parcours de GDK, d’origine gabonaise et haïtienne. Naïsha tient également à conserver le français dans les paroles, pour refléter la diversité culturelle qui traverse le projet.

À travers ce premier titre, elle souhaite rappeler que nombre de personnes vivent des histoires similaires. Elle laisse les auditeurs libres d’interpréter la fin de la chanson selon leur propre perspective, entre évolution et revanche : “c’est à eux de décider”. Elle admet aussi que ce choix est stratégique pour une entrée en carrière, avec un morceau qui cherche à susciter la discussion, “affirme”-t-elle.

L’enregistrement de ce single représente pour elle une forme de libération personnelle. Elle reconnaît avoir du mal à exprimer ses émotions en dehors de la musique, et estime que chanter lui permet de les organiser. À l’approche de la sortie officielle, elle décrit un mélange d’excitation et de reconnaissance : “Je me sens vraiment bénie en ce moment.” Elle se dit surprise par l’intérêt d’inconnus qui partagent déjà l’extrait disponible et lui proposent des opportunités professionnelles.

Pour Naïsha, cette sortie marque une étape déterminante, celle de la confirmation qu’elle avance dans la direction qu’elle souhaite. Elle évoque un parcours fait d’efforts et considère que l’accueil du public constitue un signal important pour la suite.

Née à Montréal le 25 juillet 1996, d’origine haïtienne, elle grandit dans un environnement où se côtoient cultures et styles musicaux variés. Elle explique écouter “vraiment de tout, même du rock”, tout en restant attachée à la musique haïtienne et à la scène afro contemporaine.

Ses sources d’inspiration composent un ensemble hétérogène d’artistes qui influencent son écriture ou sa présence scénique : Aya Nakamura, Joé Dwèt Filé, Ronisia, Beyoncé, Chris Brown, Oswald, Vayb, Paska, Rutshelle, Medjy ou Lycinais Jean. Elle dit apprécier notamment leur façon d’assumer leur identité artistique.

Ce premier single n’est pour elle qu’un début. Elle prévoit de travailler sur un EP où se mêleront afro, konpa, zouk, et des incursions vers le RnB et le gospel. Elle exprime sa volonté de collaborer avec des artistes haïtiens de la diaspora et souhaite créer en français, en anglais et en créole, dans une logique d’ouverture.

Naïsha commence à chanter à l’église durant son enfance. Au fil des années, la musique s’impose progressivement comme un repère. Elle grandit dans une famille où créativité et ambition sont valorisées, un cadre qu’elle considère comme déterminant dans son parcours.

Avant de se consacrer pleinement à la musique, elle obtient un diplôme en techniques de bureautique en 2023 et travaille dans l’administration du réseau public de la santé, notamment en ressources humaines. Cette expérience lui apporte un sens de l’organisation tout en nourrissant son désir de créativité. Le déclic survient après les coupures budgétaires post-pandémiques, qui transforment son environnement professionnel et l’incitent à se lancer. « Aujourd’hui, j’ai la confirmation d’avoir pris la bonne décision », dit-elle.

Par Ann-Olguetty Loodjenny Dieuve © Chokarella

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