Team Haïti met le cap sur Panama pour le concours mondial de robotique « FIRST Global Challenge 2025 »

Cinq membres de Team Haïti, formation issue du programme STEM Educare, représenteront Haïti au FIRST Global Challenge 2025, qui se tiendra du 29 octobre au 1ᵉʳ novembre au Panama Convention Center, à Panama City. L’équipe rassemble plus de 40 jeunes participants âgés de 15 à 19 ans et est encadrée par une dizaine de mentors, dont Jameson Leo et Florvil Jovany. Le thème de l’édition 2025, EcoEquilibrium, met l’accent sur la biodiversité et la protection des écosystèmes.

Depuis 2017, Haïti participe à cette compétition internationale de robotique qui réunit des étudiants de 14 à 18 ans venus de plus de 190 pays. Fondée en 2016 par l’inventeur américain Dean Kamen, cette initiative vise à former une nouvelle génération de leaders capables de résoudre des problèmes mondiaux grâce aux STEM (science, technologie, ingénierie, mathématiques).

Pour cette nouvelle édition, Team Haïti se prépare à défendre les couleurs nationales à Panama City, avec l’objectif de concilier innovation technologique et sensibilisation environnementale. Composée de plus de quarante jeunes, l’équipe bénéficie du soutien constant de ses mentors, Jameson Leo et Florvil Jovany, qui assurent un accompagnement technique et stratégique.

Seuls cinq membres ont été sélectionnés pour représenter officiellement le pays au Panama. « Team Haïti est une équipe dynamique issue du programme STEM Educare, composée cette année de plus de 40 jeunes participants âgés de 15 à 19 ans, encadrés par une dizaine de mentors dont les deux principaux : Jameson Leo et Florvil Jovany », rappellent les responsables.

Les représentants choisis sont :

  • Marseillant Roosevelt (18 ans) – pilote, designer, responsable communication ;
  • Lapierre Izzdorah (17 ans) – responsable communication et responsable de projet NTE ;
  • Saint Jean Rochny (18 ans) – spécialiste en mécanique ;
  • Charles Steevenson (18 ans) – spécialiste en mécanique ;
  • Jean Julien Ay’see (17 ans) – pilote et responsable de projet NTE.

Selon les responsables, « ces cinq membres ont été sélectionnés à l’issue d’un processus interne basé sur le vote des participants, leur engagement, leurs compétences techniques et leur capacité à travailler en équipe ». Sur l’historique de participation, ils précisent : « Haïti participe au FIRST Global Challenge depuis 2017. L’équipe actuelle, issue d’Educare, existe depuis deux ans ; cette année marque sa troisième participation. »

Les performances passées témoignent d’un parcours en progression : « 2023 : 91ᵉ place sur 192 pays. 2024 : Médaille de bronze (Al Khwarizmi Award), prix du challenge des réseaux et classée parmi les 10 meilleurs projets innovants. Ces résultats sont le fruit d’un fort esprit d’équipe, d’une motivation constante et d’une volonté de représenter fièrement notre pays malgré les défis. »

Pour cette édition, Haïti met le cap sur Panama City, où la compétition se déroulera du 29 octobre au 1ᵉʳ novembre. Le thème EcoEquilibrium invite les jeunes ingénieurs à réfléchir à la protection des écosystèmes et à la biodiversité. « Le thème vise à sensibiliser sur l’équilibre écologique et à montrer comment la technologie peut contribuer à préserver la planète », explique un membre de l’équipe haïtienne.

Le robot haïtien devra exécuter plusieurs tâches symboliques traduisant des actions concrètes en faveur de l’environnement. « Il commence par retirer des obstacles qui empêchent les écosystèmes de fonctionner correctement, puis active l’accélérateur de biodiversité pour libérer des ballons représentant la vie sur Terre », précisent-ils. Ensuite, le robot collecte et redistribue ces ballons dans une zone appelée “écosystème”, avant de grimper le plus haut possible sur une corde dans les trente dernières secondes du match, un geste métaphorique pour illustrer la persévérance nécessaire à la sauvegarde de la nature. « Chaque action du match symbolise un effort collectif : c’est une manière de rappeler que la coopération mondiale est essentielle pour résoudre les crises environnementales », ajoutent-ils.

En Haïti, la préparation technique est déjà bien avancée. « Le robot est entièrement monté. Nous sommes actuellement en phase d’entraînement et d’amélioration de ses systèmes », confie l’équipe, mobilisée depuis plusieurs semaines. La logistique reste cependant un défi majeur. « Il n’existe pas de vol direct entre Haïti et le Panama. Nous devons transiter par d’autres pays, ce qui implique d’obtenir plusieurs visas de transit. C’est un processus long et coûteux », expliquent-ils, avant de souligner que « certains mentors n’ont pas pu obtenir leur visa, une perte humaine et pédagogique importante pour l’équipe ». Malgré ces difficultés, la détermination demeure intacte : « Nous restons motivés à représenter Haïti avec fierté et professionnalisme. »

Sur le plan technique, la conception et les tests du robot se sont étalés sur environ six semaines. L’équipe a privilégié le langage Java et une approche fondée sur la créativité et l’innovation collective. Les défis rencontrés ont été nombreux : « Nous avons eu des difficultés dans la direction du ballon via le système de tir, dans le mécanisme d’ascension sur corde et dans la propulsion des ballons vers la boîte arrière », expliquent-ils. Ces obstacles ont renforcé leur cohésion. « Chaque problème résolu nous rapproche de notre objectif : prouver que, même avec des ressources limitées, Haïti peut briller sur la scène mondiale. »

Vie d’équipe, impact et perspectives d’avenir

Au cœur de la préparation, Team Haïti affiche une cohésion solide et une énergie collective. « L’ambiance est dynamique et conviviale : nous travaillons sérieusement tout en gardant le plaisir d’apprendre ensemble », affirment les membres. Plus qu’une compétition, cette aventure représente pour eux une véritable école de vie. « Elle nous apporte des compétences techniques, mais surtout humaines, comme le travail en équipe et la gestion de projet », ajoutent-ils.

L’équipe multiplie également les initiatives locales pour transmettre sa passion et sensibiliser les jeunes à la science. « Nous menons plusieurs actions en dehors de la compétition : des campagnes de sensibilisation dans les écoles, l’implantation du programme XRP, des camps d’été annuels et la promotion des sciences et technologies auprès des jeunes filles », détaillent-ils. Ils prévoient aussi d’organiser des compétitions régionales interscolaires autour du programme XRP afin d’encourager l’esprit d’innovation dès le plus jeune âge.

Sur place, la compétition s’annonce intense. Cette année, plus de 190 pays sont attendus à Panama City pour relever le défi EcoEquilibrium. L’équipe haïtienne s’attend à vivre des journées particulièrement rythmées. « Chaque matin, nous préparons notre espace de travail et vérifions notre agenda de matchs », racontent-ils. Le programme inclut planification stratégique avec les équipes alliées, succession de matchs, visites des juges, séances de questions et pauses repas à la cafétéria avant un retour à l’hôtel. « C’est un rythme soutenu, mais aussi un moment d’échanges, d’apprentissage et de partage avec des jeunes venus du monde entier », soulignent-ils. Quant aux ambitions pour cette édition, elles demeurent claires : « Nous voulons intégrer le top des équipes mondiales et faire rayonner Haïti sur la scène internationale. »

Après la compétition, l’équipe ne compte pas ralentir son élan. « Nos projets post-compétition incluent l’intégration de nouveaux jeunes dans le programme, l’agrandissement de notre espace de travail et la poursuite du programme XRP », précisent-ils. Ils souhaitent également continuer à développer le programme Science et Technologie Aérospatiale pour les jeunes filles, tout en franchissant une nouvelle étape : « Nous aimerions passer du FIRST Global Challenge (FGC) au FIRST Tech Challenge (FTC). »

Confiants dans l’avenir, les membres de Team Haïti voient dans la robotique un levier d’espoir et de transformation. « L’avenir de la robotique en Haïti s’annonce prometteur grâce à cette initiative. Nous croyons fermement que la technologie peut être un levier puissant pour l’éducation, l’innovation et le développement durable de notre pays », concluent-ils.

Par Ann-Olguetty Loodjenny Dieuve © Chokarella

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