Le lancement de la structure numérique Smart Digital a eu lieu ce vendredi 29 août au restaurant Aïoli, à Pétion-Ville. L’événement, présenté sous une formule interactive, a mêlé réseautage, animation culturelle et conférence de presse autour du thème « l’appropriation collective du numérique comme levier de développement ». L’objectif était de présenter la mission de l’entreprise et d’explorer les opportunités de collaboration qu’offre le numérique.
Cette activité a rassemblé étudiants, professionnels et personnalités de différents secteurs tels que la technologie, l’économie et la communication. Ensemble, ils ont réfléchi à l’intégration du digital dans les dynamiques de changement social en Haïti. L’entrepreneur et fondateur d’Olidor, Olivier Altidor, invité pour l’occasion, a présenté sa lecture du projet.
« Je constate que ce projet est vraiment innovant, si les initiateurs continuent sur la même lancée à l’avenir ce projet pourra avoir un grand impact au sein de notre société. Parce que sur le plan digital nous ne sommes pas influents, il y a tant d’outil que nous ne maitrisons pas encore. Je pense que la mission de SMART Digital c’est de nous former sur la façon de les utiliser, ainsi l’entreprise perdura dans le temps », a déclaré l’orateur.
Le fondateur de Smart Digital, Simon Desroche, a expliqué que la structure se veut un tremplin de transformation pour l’écosystème numérique en Haïti. Selon lui, l’enjeu principal consiste à mettre des outils à la disposition des jeunes talents et des organisations afin de bâtir un système capable de répondre aux réalités locales.
« A l’heure actuelle, la technologie c’est l’une des choses qui concernent chacun à part entière, et nous ne pouvons pas nous en passer de ça, d’ailleurs la technologie est transversale, on peut la constater chez tous les gens qui utilisent un gadget électronique. Lancée SMART Digital c’est ma façon de contribuer à un écosystème qui peut changer Haïti », a confié Simon Desroche.
Il a précisé que le plan du projet avait été finalisé depuis décembre 2024 et qu’une équipe d’une dizaine de personnes était nécessaire, dont sept jugées essentielles pour le démarrage.
« J’avais mis environ trois mois pour travailler sur les points clés, à savoir monter une équipe dynamique, présenter le projet à cette équipe, trouver les partenaires qui peuvent nous aider », a-t-il ajouté.
Tout en tenant compte de la conjoncture socio-politique, il a souligné que le projet repose sur la passion et l’engagement de ses membres.
« Il faut souligner que nous sommes propulsés par la passion et encouragés par l’engagement, je n’avais pas mis des dates d’échéances pour définir ce que nous devrions atteindre, car le pays est extrêmement difficile pour la croissance d’un projet. Mais j’en suis sûr que toute l’équipe de SMART Digital est confiante parce que nous savons pertinemment notre itinéraire et ce que nous voulons accomplir à travers ce projet », a-t-il expliqué.
Lors de la rencontre, l’expert en technologie John Boisguéné est intervenu sur le thème « connectivité pour tous : comment adapter les infrastructures numériques aux réalités locales en Haïti ».
« Ce projet veut dire beaucoup chose pour moi, comme je le dis tantôt, il va faciliter une émergence beaucoup plus rapide à toutes les personnes qui ont un projet qui est à l’innovation technologique. Notons que pour qu’un pays emprunt le chemin du développement il doit passer par l’innovation, c’est pour cette raison qu’on doit multiplier les initiatives de cette envergure dans le pays car Haïti est en carence d’innovation, toutefois sans la duplication des innovations faites dans d’autre pays parce que chaque pays a sa réalité », a-t-il affirmé.
De son côté, l’économiste et fondateur de Haïti Efficace, Etzer Emile, est intervenu sur « l’économie numérique en Haïti : comment structurer un écosystème local productif et durable ». Il a relevé que la corruption constitue un obstacle majeur à cette structuration, tout en saluant la création de la plateforme.
« C’est vraiment intéressant d’avoir ces types de conversations autour de la technologie, le fait que les gens ont répondu à l’appel pour le lancement de cette plateforme numérique illustre tout l’intérêt des jeunes pour la technologie qui se présente comme le présent du monde. Je suis vraiment content de voir des jeunes dévoués pour l’avancement de la technologie qui est également l’avenir de ce monde », a-t-il déclaré.
Fabienne Dorcinvil, responsable administrative de Smart Digital, a indiqué que l’une des ambitions du projet est de renforcer la présence des entreprises sur les plateformes numériques existantes et d’encourager les jeunes à s’orienter vers des métiers liés au digital.
« Nous allons encourager les jeunes à intégrer les domaines numériques en apprenants de nouvelles connaissances, notamment le design web, vidéographie ou photographie, parce qu’il y a beaucoup de métiers qui est en train de faire leurs apparitions et il y a un potentiel économique pour le pays dans ce domaine. En ce sens, Haïti est un terrain vierge et nous voulons proposer de nouveaux repères aux jeunes haïtiens qui constituent l’avenir de notre pays », a-t-elle fait savoir.
Dans la même perspective, Youncey S. Delsoin, fondatrice de Younick Fondation, est intervenue sur « communication digitale : comment outiller les citoyens pour qu’ils deviennent co-créateurs de la transformation numérique ? ».
« En regardant la situation actuelle du pays, fondée une entreprise ou prendre des initiatives en ce moment ce n’est pas la chose la plus facile. Mais cette équipe de jeunes ont osé de lancer une entreprise au milieu de toutes les crises que nous connaissons, cela mérite d’être féliciter », a-t-elle observé, tout en soulignant la nécessité d’un meilleur usage des plateformes numériques en Haïti.
Enfin, Naica Brivaüs, étudiante finissante en économie, a estimé que l’arrivée de Smart Digital revêt une importance particulière pour la jeunesse haïtienne.
« Je tiens à féliciter toute l’équipe du Smart Digital qui a pensé à mettre en place une plateforme pareille pour servir les haïtiens au moment de l’évolution de la technologie, pour moi ce lancement c’est plus qu’un départ, c’est le début d’un mouvement pour nous les haïtiens », a-t-elle conclu.
Par Youbens Cupidon © Chokarella