Le chanteur haïtien Drakado Loute, connu sous le nom de Drakydji Music, signe le clip de son nouveau morceau intitulé “M Pa Gen Moun Sou Mwen“. Cette chanson, disponible depuis le 19 août dernier sur toutes les plateformes de streaming, s’inscrit dans le cadre d’une autocritique sentimentale survenue après une rupture douloureuse.
“C’est une chanson très personnelle dans laquelle je décris toute ma vie, mes émotions, mes sentiments et mes souffrances”, explique l’artiste. “Ce projet est particulièrement cher à mon cœur, car il reflète mon parcours, mes efforts et ma détermination.”
Le but premier de cette production reste le partage d’une réflexion critique sur le rapport entre les gens dans la société, qui ont tendance à juger les autres sur leur simple apparence. “On peut voir une personne rire tout le temps, parler avec joie, et penser qu’elle vit une vie heureuse, mais au fond, cette personne peut-être en train de traverser de grandes épreuves. C’est pour cela qu’il est essentiel de rester attentif et empathique vis-à-vis de nos proches, car parfois les gens cachent leurs douleurs, et nous ne savons jamais vraiment ce qu’ils traversent directement”, affirme-t-il.
Pour écrire le texte de ce morceau, dont l’instrumental est assuré par Regii M et Didy Beatz, Drakydji explique avoir plongé dans une méditation profonde afin de se connecter à lui-même sur le plan spirituel. “En essayant de me connecter à moi-même, j’ai senti que mon chakra du cœur n’était pas aligné, a-t-il remarqué. Je ne ressentais ni véritable amour ni passion, et je me sentais seul malgré le fait que beaucoup de personnes semblent vivre autour de moi.”
La star de Pla Konplè souligne également l’impact de cette prise de conscience sur l’avancement de sa production. “Elle m’a poussé à prendre mon stylo et mon carnet pour exprimer mes douleurs et mes souffrances à travers la musique. Un processus qui parait fructueux pour lui. Il m’a permis de transformer mes émotions intenses en art et de partager mon expérience avec ceux qui m’écoutent”, ajoute-t-il.
Selon Drakydji, le processus de création de cette œuvre n’a pas été sans difficulté. Il a dû enregistrer sa voix plusieurs fois dans différents studios afin de trouver l’émotion qu’il voulait véhiculer. “Pour moi, ce morceau représente ma vie entière. C’est comme mon premier enfant, le symbole de mon chemin vers le succès, et l’expression de tout ce que je suis. Il incarne également toute ma créativité ainsi que mes souffrances cachées. Ce projet constitue une partie essentielle de mon parcours artistique”, révèle-t-il.
Le chanteur précise qu’il a mis quatre mois pour réaliser ce projet, une durée répartie en deux étapes. “Trois mois à la création du morceau pour qu’il reflète exactement ce que je voulais exprimer et un mois pour la réalisation du clip vidéo, car je l’ai moi-même dirigé et produit”, indique le réalisateur. Il ajoute que cette production reste l’un de ses principaux accomplissements à ce jour, après avoir surmonté plusieurs obstacles pour livrer une version fidèle à sa vision artistique.
“J’ai rencontré de nombreux défis pour réaliser ce projet, car je n’avais ni sponsor ni manager. J’ai dû tout gérer moi-même, avec courage et détermination. J’ai investi chaque petite ressource financière que j’avais à ma disposition, ce qui n’a pas été facile du tout, mais ces efforts m’ont permis de le mener à terme et de le rendre fidèle à ma vision”, souligne-t-il.
Dakado Loute est passionné par la musique depuis son adolescence. À l’âge de 10 ans, il commence déjà à griffonner ses premiers vers et à chanter lors des activités festives organisées dans son école. “Dès cette époque, aussi bien les élèves que les professeurs me considéraient déjà comme un véritable artiste. Lors des activités scolaires, j’avais souvent l’occasion de monter sur scène et de présenter mes œuvres musicales, ce qui renforçait encore davantage mon identité artistique”, témoigne-t-il.
Né à Fort-Jacques le 9 juin 2003, Drakydji se présente comme un élève studieux. Bien qu’il eût l’approbation de ses parents et l’acclamation de ses professeurs ainsi que de ses camarades, il attend l’obtention de son diplôme de baccalauréat avant de se consacrer pleinement à sa carrière. “À 18 ans, j’ai quitté Fort-Jacques pour m’installer à Pétion-Ville, dans le but de mieux développer ma carrière musicale. La musique occupe une place essentielle dans ma vie”, confie-t-il.
Drakydji a néanmoins affronté des moments difficiles au cours de sa carrière. Il se souvient d’une anecdote marquante : “Un jour, après les cours, je suis allé enregistrer une chanson dans un studio. Une forte pluie m’a surpris sur place, ce qui a retardé mon retour à l’école. Plus tard, mon père, pensant que j’avais négligé mes études, m’a sévèrement réprimandé. Cet événement m’a profondément touché, mais il a aussi renforcé ma détermination à poursuivre ma passion pour la musique”, raconte-t-il.
À ce jour, le chanteur façonne son chemin dans la musique contre vents et marées et a développé une approche hybride. “Mon approche musicale repose sur l’authenticité et la transmission de messages : chaque morceau que je crée cherche à inspirer, émouvoir ou orienter ceux qui l’écoutent”, avoue-t-il.
Pour Drakydji, la musique n’est pas un simple moyen de divertissement mais un outil financier durable susceptible d’améliorer sa vie. “Si je continue aujourd’hui à m’y investir, c’est aussi parce que je souhaite que la musique devienne un soutien économique durable. Cela fait maintenant quatre ans que je suis actif dans ce domaine, travaillant sans relâche, matin, midi et soir, afin de donner le meilleur de moi-même”, renchérit-il.
Durant ses quatre années d’expérience, il a multiplié les collaborations avec quelques artistes afin de construire une carrière solide axée sur la valorisation de l’identité du monde noir. “Ou pat dwe a été ma première collaboration avec un artiste reconnu au sein de HMI, l’artiste Saj. Fanm yo merite plis, a été une autre collaboration, cette fois avec Bgarmel. Malgré les difficultés rencontrées lors de la production, ce morceau m’a permis d’atteindre un autre niveau dans mon parcours musical”, admet-il.
Drakydji définit son style musical comme une fusion d’Afrobeat et de Compas Love, reflétant ses influences et expériences personnelles. “Dans ma musique, je traite principalement des sujets liés aux émotions humaines et aux expériences de la vie quotidienne. Mes chansons abordent des thèmes tels que l’amour, les relations, les difficultés personnelles, la persévérance et la résilience”, estime-t-il.
Pour la suite, le chanteur indique qu’un nouveau single sera prochainement publié, sans en révéler le titre. “Je ne peux pas encore annoncer le titre, mais pour le moment, toute mon attention reste concentrée sur M Pa Gen Moun Sou Mwen, car il est essentiel que ce projet atteigne pleinement mes objectifs”, conclut-il.
Par Youbens Cupidon © Chokarella